Anticiper la directive européenne et adapter les pratiques de rémunération
Avec la directive européenne 2023/970, la transparence salariale s'impose aux entreprises françaises, qui devront désormais expliciter les critères fondant leurs rémunérations et justifier les écarts constatés entre les femmes et les hommes. De l'élaboration des grilles aux pratiques de recrutement, c'est toute la politique salariale qu'il faudra réexaminer.
Reste que ce texte vient heurter des habitudes bien ancrées. En France, on parle peu de sa fiche de paie entre collègues, et rares sont les salarié.e.s qui savent selon quelles règles leur dernière augmentation a été décidée. Le sujet est d'autant plus sensible qu'un salaire dit aussi la valeur accordée à une personne et à son activité. Être payé.e, c'est aussi être reconnu.e.
Pour les organisations qui sauront s'en saisir, la contrainte réglementaire peut pourtant se révéler féconde. Elle donne l'occasion de remettre à plat des classifications devenues opaques au fil des ans, mais aussi d'interroger les principes de justice qui légitiment les écarts de salaire, à commencer par un mérite aussi invoqué que contesté. Pour vous y préparer, l'Anvie réunit autour d'Elise Penalva-Icher, professeure de sociologie à l'Université Paris Dauphine-PSL et autrice de La frustration salariale, des chercheuses spécialistes de la rémunération et des praticien.ne.s d'entreprises qui ont déjà franchi le pas.
Qui est concerné par la directive, et à quoi s'engage-t-on exactement ? Avant d'ouvrir le moindre chantier, encore faut-il savoir ce que le texte exige et prendre la mesure des ajustements à prévoir. Où en sont aujourd'hui les entreprises françaises face à cette échéance ?
Olivier Thibaud, Avocat associé, Spécialiste en droit du travail, Littler France
Olivier Thibaud présentera le texte européen et la loi française qui en découle, depuis le périmètre d'application jusqu'aux exigences nouvelles qui pèseront sur l'employeur avant comme après l'embauche. Il s'arrêtera également sur les reportings attendus et sur les sanctions encourues en cas de manquement.
Quiterie Legendre, International Project Lead, HR Business Intelligence Tool / Key Account Manager & Responsable Offres Handicap, Michael Page
Quiterie Legendre dressera un panorama de la situation à partir de l'étude Transparence des salaires : où en sont les entreprises ? conduite par Michael Page. L'occasion de mesurer le chemin parcouru par les entreprises dans la mise à jour des processus d'évaluation ou la refonte des grilles, et de réfléchir à la manière d'en parler aux équipes comme aux candidat.e.s.
Avec près de 110 000 collaborateur.rice.s au sein de 2 200 entreprises à travers le monde, VINCI Energies n'a pas attendu la transposition du texte pour agir. Le groupe racontera comment il a ouvert ses chantiers, de l'accompagnement des managers à l'évolution du recrutement, et quels choix ont été arrêtés en matière de communication. Ce retour d'expérience aidera les entreprises participantes à repérer, par contraste, les actions qu'il leur reste à engager.
Des lois Roudy à la loi Rixain, les mesures contraignantes n'ont pas manqué. Si elles ont fait progresser l'égalité professionnelle, aucune n'est parvenue à l'instaurer réellement, et rien ne garantit que la directive fera mieux tant que l'on ignore comment les employeurs s'en saisiront.
Sophie Pochic, Sociologue & Directrice de recherche, CNRS, membre du conseil scientifique, Chaire Femmes et Sciences (Dauphine-PSL-Unesco)
Sophie Pochic portera un regard critique sur ce nouveau cadre. Que se passe-t-il dans une organisation lorsque les inégalités de salaire, une fois objectivées, deviennent visibles de tou.te.s ? Elle expliquera aussi pourquoi les outils de mesure, à commencer par l'index, trouvent vite leurs limites, afficher un écart ne suffisant pas à le résorber.
Certaines organisations n'ont pas attendu d'y être contraintes pour rendre leurs salaires lisibles, quand elles n'ont pas inventé des politiques de rémunération franchement novatrices. Qu'y ont-elles gagné en attractivité et en fidélisation ? Et qu'est-ce que cette ouverture a changé à leur culture interne ?
Tristan Blasselle, Directeur C&B, Doctolib
Simon Mirouze, PDG, Alma
Antoine de Baets, Senior HRBP, Lucca
Les trois intervenants reviendront sur la façon dont leur entreprise a bâti une politique salariale fondée sur la lisibilité, et sur les effets qu'ils en observent aujourd'hui. La discussion abordera également l'équité telle que la perçoivent les équipes, ainsi que la répartition de la richesse produite.
En France tout particulièrement, chacun.e juge sa paie de façon très subjective, à l'aune du travail réellement fourni et de ce que perçoivent les collègues. Dans ce contexte, la traditionnelle discrétion salariale passe de plus en plus mal et le salaire devient un indicateur de justice organisationnelle.
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Sandrine Dorbes, Créatrice du cabinet How Much, autrice de La rémunération n'est pas qu'une question d'argent (Dunod, 2025) et de Transparence salariale : guide de survie à l'usage de celles et ceux qui dirigent (Éditions Oxymore, 2025)
Sandrine Dorbes invitera à élargir la focale, car une politique de rémunération ne se pense pas dans le seul cadre financier. Comment répondre à cette attente de reconnaissance sans la réduire à une question de montant ?
Elise Penalva-Icher est l'animatrice scientifique de ce programme. Sociologue de l'économie, elle est professeure des universités à l'Université Paris Dauphine-PSL et chercheuse à l'IRISSO. Ses travaux, nourris par l'analyse des réseaux sociaux, portent sur la responsabilité sociale des entreprises et sur la transparence des rémunérations. Dans La frustration salariale : à quoi servent les primes ? (SUP, 2024), ouvrage finaliste du prix Penser le travail 2025, elle montre comment l'individualisation et l'opacité croissantes des salaires nourrissent la demande de transparence.
Olivier Thibaud est avocat associé au sein du cabinet Littler France, spécialiste en droit du travail. Il conseille les entreprises sur leurs questions sociales courantes, de la durée du travail à la négociation collective, ainsi que sur le volet social de leurs projets de transformation et de restructuration. Il intervient principalement auprès de groupes français ou internationaux et de PME.
Quiterie Legendre est avocat associé au sein du cabinet Littler France, spécialiste en droit du travail. Il conseille les entreprises sur leurs questions sociales courantes, de la durée du travail à la négociation collective, ainsi que sur le volet social de leurs projets de transformation et de restructuration. Il intervient principalement auprès de groupes français ou internationaux et de PME.
Sophie Pochic est directrice de recherche au CNRS, rattachée au Centre Maurice Halbwachs. Sociologue du travail et du genre, elle étudie la fabrication du plafond de verre et des inégalités de salaire, dans les grandes entreprises comme dans la fonction publique. Elle s'intéresse également aux dispositifs destinés à réduire les discriminations au travail, à commencer par la négociation collective. Membre du conseil scientifique de la Chaire Femmes et Sciences (Dauphine-PSL-Unesco) et experte auprès du Haut Conseil à l'Égalité, elle a codirigé Quantifier l'égalité au travail (Presses universitaires de Rennes, 2021).
Tristan Blasselle est directeur Compensation & Benefits de Doctolib, où il a créé la fonction à son arrivée en 2021. Diplômé de Sciences Po, il compte plus de quinze ans d'expérience dans les ressources humaines, acquise notamment chez LVMH et Lectra après des débuts dans le conseil. Chez Doctolib, il a conduit la mise en place d'un système de classification des postes et d'une structure de rémunération pensée pour la transparence.
Simon Mirouze président-directeur général d'Alma, société coopérative grenobloise de 180 salarié.e.s spécialisée dans l'édition de logiciels et les services numériques. Entré dans la Scop comme directeur général en janvier 2025, il en a été élu président en décembre de la même année, au terme d'une transmission préparée avec l'ensemble des coopérateur.rice.s. Alma revendique un modèle fondé sur une gouvernance démocratique et sur le partage de la valeur.
Antoine de Baets est HR Business Partner chez Lucca, éditeur français de logiciels RH, où il accompagne les managers et leurs équipes au quotidien. Depuis sa création, Lucca rend les salaires de l'ensemble de ses collaborateur.rice.s consultables par tou.te.s, jusqu'à celui du dirigeant. Les salarié.e.s comptant plus de trois ans d'ancienneté peuvent en outre proposer leur propre niveau de rémunération.
Sandrine Dorbes est experte en stratégie de rémunération et conférencière. Après une dizaine d'années passées dans les RH de grands groupes, notamment au sein de l'équipe Compensation & Benefits de BNP Paribas Personal Finance, elle a fondé en 2020 le cabinet How Much, qui accompagne dirigeant.e.s et DRH dans la définition de leur politique salariale. Elle a publié en 2025 La rémunération n'est pas qu'une question d'argent chez Dunod, ainsi que Transparence salariale : guide de survie à l'usage de celles et ceux qui dirigent aux Éditions Oxymore.
Ouverte à l'ensemble des cadres d'entreprise, cette formation s'adresse tout particulièrement aux directeurs et directrices des ressources humaines ainsi qu'aux responsables Diversité & Inclusion et Compensation & Benefits. Elle concerne également les personnes chargées de la mise en œuvre de la directive.
7h00
Aucun.
Aucune.
14 jours avant la formation
Cette formation se déroulera dans Paris intra-muros. Le lieu de la formation vous sera communiqué lors de l'envoi des convocations. Les locaux sont accessibles aux personnes en situation de handicap.
Notre référent Handicap est disponible au 01 40 48 63 72 afin d’identifier avec vous les adaptations nécessaires à votre participation.