Formation
En prise directe avec les évolutions de la société et les transformations du monde, les entreprises sont aujourd’hui traversées par des questions d’ordre religieux, politique et philosophique : demande de prise en compte des convictions religieuses dans l’aménagement du travail, débats politiques entre des collaborateurs ne partageant pas les mêmes idées, refus d’accomplir une tâche en raison de son éthique personnelle… Loin d’être exceptionnelles, ces situations semblent au contraire se multiplier et constituent un nouveau défi managérial pour les entreprises : il s’agit de garantir la liberté d’expression des collaborateurs (qui est reconnue en droit) sans que celle-ci nuise à la cohésion des collectifs, indispensables à la performance. Car c’est bien le « travailler ensemble » qui est en jeu, dans un contexte où les opinions sont de plus en plus polarisées et où leur expression de plus en plus décomplexée. Dans un contexte, également, où la revendication à plus de « démocratie au travail » refait surface dans le débat public.
Afin d’aider les entreprises à trouver un point d’équilibre entre respect des convictions individuelles/de la liberté d’expression et préservation des collectifs, l’Anvie propose une journée de formation et de réflexion autour des axes suivants :
Six salariés sur dix avouent parler politique au travail : le sujet n’est plus un tabou, au même titre que les revendications d’ordre religieux longtemps, elles aussi, restées à la porte des entreprises. Et, fait nouveau, certains collaborateurs refusent d’exercer certaines activités ou de se plier à certaines règles au nom de leur éthique personnelle : prendre l’avion pour aller à un rendez-vous avec un client (car contribuant au réchauffement climatique), participer à un team building (car centré autour d’une activité jugée contraire à sa morale personnelle), prendre part aux afterworks hebdomadaires (car encourageant la consommation d’alcool)… Reflets d’une polarisation croissante des opinions et d’une volonté de plus en plus affirmée des individus d’être au travail « comme ils sont », ces situations constituent un nouveau défi pour les managers, garants de la cohésion des équipes.
Religion, politique, sujets de société (égalité F-H, défense de la cause animale, préoccupations environnementales…) : comment les convictions personnelles s’expriment-elles aujourd’hui dans les entreprises ? Et quelles réponses apporter ?
Géraldine Galindo, professeure en management des ressources humaines, ESCP Business School
En France, la liberté d’expression est reconnue par le droit, y compris dans l’entreprise où chacun peut exprimer ses opinions… dès lors que cela ne trouble pas le fonctionnement de l’organisation ni ne porte atteinte aux droits d’autrui. Mais où fixer la limite alors que les prises de position sont plus nombreuses et plus diverses ? Que disent les textes de loi et la jurisprudence récente ? Quelles sont les obligations de l’employeur et quels sont les droits et devoirs du salarié ?
Emilie Meridjen, avocate associée, Cabinet Sekri Valentin Zerrouk
Les grandes entreprises ont vu naître ces dernières années des collectifs de collaborateurs convaincus que leur entreprise ne se mobilise pas suffisamment en faveur de la protection de la planète, voire dégrade celle-ci. Parfois éco-anxieux, toujours mus par des convictions écologiques très profondes, ils n’hésitent pas à interpeller directement leurs managers et leurs dirigeants. Utilisation des ressources naturelles, choix des modes de transport, respect des gestes de tri : ces salariés sont sur tous les fronts, à tel point qu’ils se heurtent parfois à leurs managers, voire à des collègues beaucoup moins convaincus.
A partir de l’expérience des Collectifs, un réseau interentreprises composé de collaborateurs qui souhaitent accélérer la transition écologique et sociale de leur entreprise, nous tenterons de comprendre comment les convictions personnelles sont susceptibles de transformer les relations de travail et, aussi, les formes d’engagement.
Paul Chalabreysse, délégué général, Les Collectifs
Rompant avec la traditionnelle neutralité des patrons français à l’approche d’une élection, Pascal Demurger, le directeur général de la MAIF, a publié au printemps une tribune dans Le Monde pour dire son inquiétude face à la possible arrivée au pouvoir du Rassemblement national et, surtout, face aux contacts croissants entre ce parti et le patronat. S’exprimant en tant que dirigeant, et non en tant que citoyen, il engage de ce fait son entreprise dans le débat politique.
En présence de son directeur de cabinet, David Nguyen, nous tenterons d’identifier les motivations profondes qui ont conduit ce dirigeant à dire publiquement son opposition à un parti, un an avant l’élection présidentielle française. Nous essaierons également de comprendre les conséquences d’une telle prise de parole en interne, en particulier en matière d’expression des idées politiques des collaborateurs.
David Nguyen, directeur de cabinet du directeur général Pascal Demurger, MAIF
Les entreprises hexagonales restent pour l’instant relativement à l’écart du phénomène de « backlash » que connaissent les programmes DEI aux USA. Et, majoritairement, les Français se déclarent toujours en faveur de la diversité et de la lutte contre les discriminations. Pour autant, les entreprises doivent gérer des situations nouvelles qui ne sont pas sans lien avec la contestation des politiques DEI observée outre-Atlantique : que répondre par exemple à celles et ceux qui estiment qu’« on ne peut plus rien dire » ou que l’entreprise discrimine les hommes blancs ? A l’inverse, comment gérer les collaborateurs qui revendiquent une liberté de parole absolue ?
Laure Bereni a analysé le recul des politiques DEI dans certaines entreprises américaines et l’évolution des mêmes politiques dans les entreprises françaises. Ses travaux permettent de replacer les tensions autour de l’expression des convictions au travail dans un contexte plus large : celui de l’évolution des politiques DEI.
Laure Bereni, directrice de recherche, CNRS, autrice de Le management de la vertu – La diversité en entreprise à New York et à Paris (Presse de Sciences Po, 2023)
Les dynamiques de polarisation et d’affirmation identitaire, qu’elles qu’en soient la nature, constituent un risque pour les organisations. Risque qui peut se transformer en crise si elles ne sont pas repérées et traitées à temps. Avec Elie-Louis Tourny, ancien directeur exécutif du programme universitaire ERTI (Écosystèmes Religieux et Territoires Identitaires) à l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm et à Sorbonne Nouvelle et désormais directeur du cabinet vERTIge, nous organiserons un atelier pour apprendre à repérer, cartographier et manager les risques de polarisation à partir d’une matrice construite à cet effet.
Elie-Louis Tourny, directeur, vERTIge
Géraldine Galindo, professeure en management des ressources humaines, ESCP Business School
Ouverte à tous les cadres d'entreprises, cette formation s'adresse tout particulièrement aux directeurs des Ressources humaines, aux responsables Diversité et Inclusion, aux responsables Développement managérial et aux responsables Communication interne.
Interventions de chercheurs en DEI et d’une juriste Témoignages de salariés et de dirigeants qui font valoir leur droit à l’expression de leurs convictions Atelier de résolution de cas pratiques, co-construction de solutions
7h
920 HT soit 1 104 TTC
Tarif adhérent : 644 HT soit 772,80 TTC
Aucun