Formation
Le premier quart du XXIème siècle a définitivement rompu avec l’ordre international instauré à partir de 1945 : à un monde stable, fondé sur des règles partagées, s’est substitué un monde où la puissance prime sur le droit et où les équilibres (économiques, technologiques, militaires) sont en permanence redessinés.
Montée en puissance de la Chine, retour de la Russie comme acteur de rang mondial, Etats-Unis tenaillés entre tentation d’empire et repli sur soi, essor d’acteurs non-étatiques (entreprises technologiques, mais également groupes terroristes, milices…)… sont quelques-uns des phénomènes qui caractérisent également ce « nouveau monde » fragmenté. Dans le même temps, celui-ci doit faire face à des enjeux communs : globalisation économique ; développement et régulation des technologies numériques ; adaptation au changement climatique.
Aussi incertain et instable soit-il, les entreprises doivent comprendre le monde de 2025 : il s’agit d’intégrer la nouvelle donne géopolitique dans leurs stratégies pour sécuriser leur activité, identifier les opportunités et faire face aux crises.
Pour aider les entreprises à décrypter les grands enjeux géopolitiques contemporains, l’Anvie organise une série de trois rencontres en présence de personnalités renommées :
Vincent Alexandre, général commandant le Service militaire volontaire et qui a auparavant exercé de nombreuses fonctions notamment à l’OTAN, à l’Etat-Major des Armées ou encore au Quai d’Orsay, dressera un large panorama des enjeux géopolitiques contemporains en mettant plus particulièrement l’accent sur la dimension stratégique et l’évolution des formes de guerre.
Amy Dahan, directrice de recherche au CNRS, montrera quelles sont les implications géopolitiques du changement climatique : conflits liés aux ressources naturelles, migrations, instabilité politique, sécurité alimentaire, etc.
Stéphane Grumbach, directeur de recherche à l’Inria, s’attachera à décrypter le rôle pris par les technologies numériques dans les rapports de force entre Etats, ainsi que la place croissante occupée par les acteurs privés de la Big Tech.
Objectif de la séance : identifier les principales transformations mondiales, analyser les rivalités géopolitiques contemporaines ainsi que les nouveaux équilibres stratégiques et militaires
Le « nouveau monde », né après la Guerre Froide, semble déjà appartenir au passé. L’époque actuelle est celle de l’affaiblissement du multilatéralisme et de l’émergence de nouvelles dynamiques de puissance et de nouvelles alliances, aussi inattendues soient-elles. Des rivalités accrues entre les grandes Etats, la remise en cause des alliances traditionnelles et la montée de tensions régionales sont d’autres caractéristiques saillantes d’un monde en pleine recomposition.
Quels sont les grands enjeux géopolitiques contemporains ? Unilatéralisme, bilatéralisme, multilatéralisme : quelles réponses pour construire une paix durable dans le monde ?
Vincent Alexandre, général commandant le Service militaire volontaire. Parmi les fonctions exercées précédemment : général adjoint de la Zone de défense et de sécurité Nord-Est ; conseiller Tchad - RCA à la Direction Afrique et Océan Indien du Quai d’Orsay, chef de la branche des partenariats militaires de l’OTAN-JFC Naples, en charge du contrôle des opérations au sein de l’Inspection des armées
Le général Vincent Alexandre mettra à contribution sa longue expérience professionnelle, à la fois dans le champ militaire et dans le champ diplomatique, pour dresser un large panorama des enjeux géopolitiques contemporains, de leurs origines et de leurs possibles conséquences. Nous mettrons à profit son expertise pour aborder la question de l'évolution des formes de guerre (cyberguerre, guerre hybride, guerre asymétrique; guerre économique...) et de l'éventuel retour de la guerre conventionnelle en Europe.
Objectifs de la séance : comprendre comment le changement climatique redéfinit les rapports de force internationaux ; explorer les pistes d’action possibles pour anticiper et limiter les tensions géopolitiques induites par la crise climatique
Alors que ses conséquences se font déjà sentir, le changement climatique redéfinit les rapports de force entre Etats. La transition énergétique bouleverse en effet les équilibres économiques, renforçant le poids des pays maîtrisant les ressources stratégiques (terres rares, hydrogène, lithium aujourd’hui, eau demain). Parallèlement, les tensions liées aux migrations climatiques et à la sécurité alimentaire s’intensifient, exacerbant les conflits régionaux.
Quels sont les principaux enjeux géopolitiques liés au climat ? En l’absence de consensus global, quelles réponses apporter ? Quel doit être le rôle des entreprises ?
Amy Dahan, directrice de recherche, CNRS
Amy Dahan a, depuis 2002 et la Conférence de New Dehli, participé à de nombreuses COP et a rédigé ou supervisé plusieurs rapports d'observation de celles-ci. Elle bénéficie de ce fait d'une vision très large, qui servira de base à son exposé : enjeux géopolitiques contemporains liés au climat ; gouvernance de la transition à l'échelle mondiale ; rôle des entreprises.
Objectifs de la séance : comprendre comment les capacités numériques redéfinissent les rapports de puissance à l’échelle mondiale, à travers leur rôle dans les échanges économiques, les conflits hybrides et les dépendances stratégiques ; analyser le pouvoir croissant des acteurs non-étatiques du numérique et les défis que cela pose pour la souveraineté des États, notamment en Europe
Au même titre que les ressources naturelles, l’énergie, la finance ou encore les forces militaires, les capacités numériques sont devenues un élément central de la puissance des Etats. Ces capacités sont déployées partout, structurant les échanges économiques, les communications et au-delà les sphères politique et sociale. Le numérique est également au cœur des « guerres hybrides » (guerre conventionnelle ou conflit cyber) contemporaines.
Principalement des acteurs non-étatiques, les Big Tech structurent les équilibres de pouvoir entre les nations, en établissant par le contrôle des flux de données, des dépendances extraterritoriales et des asymétries d’information, uniques dans l’histoire du monde.
Ce nouveau pouvoir est extrêmement concentré, avec deux hyper-puissances, Etats-Unis et Chine, des puissances régionales, au premier rang desquels la Corée, et à la périphérie, les colonies numériques, dépendantes d’un traitement algorithmique extérieur.
La dépendance est bien plus profonde que la dépendance énergétique. Son impact sur le fonctionnement politique est majeur : en décembre 2024, la Roumanie a ainsi décidé d’annuler une élection présidentielle pour ingérence étrangère sur les réseaux.
Cette situation est critique pour l’Europe, qui a tout misé sur la régulation. Une analyse sans concession des écarts sera nécessaire pour définir des objectifs raisonnables de développement d’un numérique plus souverain.
Stéphane Grumbach, directeur de recherche, Inria
Dans son exposé, Stéphane Grumbach mettra l'accent sur la situation de dépendance de la plupart des Etats et des entreprises vis-à-vis de quelques acteurs du numérique qui, en Europe à tout le moins, créent une situation de d'extrême dépendance. Nous nous intéresserons également aux pistes possibles pour réduire celle-ci.
Vincent Alexandre est aujourd’hui général commandant le Service militaire volontaire (SMV). Saint-cyrien et parachutiste, il a exercé des responsabilités opérationnelles en Afrique, en Afghanistan, dans la zone Indopacifique mais aussi sur le territoire national - en tant que général adjoint de la Zone de défense et de sécurité Nord-Est par exemple. Il a en outre exercé de nombreuses fonctions dans le champ politico-militaire et diplomatique : conseiller Tchad - RCA à la Direction Afrique et Océan Indien du Quai d’Orsay, chef de la branche des partenariats militaires de l’OTAN-JFC Naples, en charge du contrôle des opérations au sein de l’Inspection des armées. Enfin, il a exercé plusieurs responsabilités dans le domaine de la formation, dont celle de Commandant en second à l’Académie militaire de Saint-Cyr Coëtquidan.
Amy Dahan est directrice de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Mathématicienne de formation, elle a mené de nombreux travaux d'histoire des sciences. Depuis le début des années 2000, ses recherches se sont réorientées vers l'étude du changement climatique, en particulier sur les aspects politiques, scientifiques et épistémologiques de ce phénomène. Elle a dirigé une équipe pluridisciplinaire au Centre Alexandre-Koyré du CNRS, se concentrant sur ces thématiques. Elle a également participé à la rédaction et à la supervision de plusieurs rapports issus des COP.
Parmi ses publications notables figurent Gouverner le climat ? 20 ans de négociations internationales (Presses de Sciences Po) et Les modèles du futur : Changement climatique et scénarios économiques, enjeux scientifiques et politiques (La Découverte).
Stéphane Grumbach est directeur de recherche à l’Inria. Ses travaux portent sur l'économie des systèmes numériques, les écosystèmes des plateformes d'intermédiation, la transformation numérique dans la sphère publique, ainsi que sur la géopolitique du cyberespace et les études de l'anthropocène. Il est également chargé de cours à Sciences Po Paris.
Stéphane Grumbach a occupé plusieurs postes internationaux, notamment en tant que directeur des relations internationales à l'Inria (2000-2003), conseiller scientifique à l'ambassade de France à Pékin (2003-2005) et directeur du laboratoire sino-français d'informatique, LIAMA, à Pékin (2006-2009). Il a publié en 2022 L'empire des algorithmes - Une géopolitique du contrôle à l'ère de l'anthropocène.
Ouverte à tous les cadres d’entreprise, cette formation s’adresse tout particulièrement aux responsables de la stratégie, des affaires publiques, du développement durable, des risques, de la sûreté ou de l’innovation, ainsi qu’aux membres de directions générales impliqués dans le développement de leur entreprise à l'international et l'anticipation des enjeux globaux.
Aucun.
Toutes nos sessions en présentiel se déroulent dans Paris intra-muros.
Le lieu de la formation vous sera communiqué lors de l'envoi des convocations. Les locaux sont accessibles aux personnes en situation de handicap.
Notre référent Handicap est disponible au 01 40 48 63 72 afin d’identifier avec vous les adaptations nécessaires à votre participation.